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Riptide Ҩ Percy et Nokomis

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Nokomiscitizen
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Date d'inscription : 07/07/2018
Profil Académie Waverly
Mer 18 Juil - 2:15


► il y a 1 030 jours, sur la plage
Riptide
percy & nokomis
Deux mille douze jours. Deux mille onze nuits passées sur cette île maudite. Chacun et chacune d’entre m’amenant plus près de l’heure de ma mort. Parce que sur Nil, les gens vont et viennent. Ils arrivent par une porte, à n’importe quelle heure de la journée ou aux heures des plus sombres de la nuit. Et parfois, ils réussissent à attraper une porte, une de celles qui n’arrivent qu’à midi, une de celles qui vont les ramener vers notre monde. Dans d’autres cas – trop souvent –, ils meurent.

Dans la cité, ils se convainquent tous qu’on rentre à la maison quand on traverse une sortante. C’est seulement logique, qu’ils disent. On arrive grâce à elles et on repart grâce à elles. Les animaux qui peuplent l’île arrivent aussi grâce à elles et viennent tous de notre monde sans exception. Sauf qu’ils en savent rien. Ils disent ça juste parce que ça les réconforte de croire qu’il y a de l’espoir, qu’ils reverront leur papa et leur maman et tous leurs copains. Ça les aide à dormir la nuit. Ça les aide à continuer à se battre pour survivre.

Deux mille douze jours... Combien d’année ça fait ? Six ans ? Non. Cinq ans et demi. Personne n’est assez stupide pour espérer que sa sœur, son amie ou sa copine soit toujours vivante après cinq ans et demi à avoir disparu sans laisser de traces. À part peut-être une mère. Si j’avais un enfant et qu’il disparaissait, je garderais probablement en moi un infime espoir de le voir revenir sain et sauf...

Même si j’avais la Priorité au cours d’une recherche, je laisserais probablement quelqu’un d’autre y aller avant moi. Eux, ils pensent que la porte les ramènera chez eux. Moi, je sais combien Nil est perverse. Je sais qu’elle nous laisse s’attacher aux autres pour nous les arracher de plus belle. Je sais qu’elle aime nous blesser pour mieux jouer avec nous par la suite. Je sais que même quand certains croient qu’elle ne peut plus nous surprendre, elle aura un autre truc sous le coude. Et malgré tous les espoirs que mes camarades de la cité essaient d’insuffler dans mon cœur, je n’arrive pas à me convaincre que la porte me ramènera vers ma famille.

Et si ces portails nous amenaient vers une autre île pire que celle-ci ? Et si Nil nous envoyait simplement vers des retranchements encore plus reculés de l’île pour mieux nous tuer par la suite ? J’ai foulé la pierre rouge du canyon brièvement avec Eya. Je me souviens comme les échardes rougeoyantes avaient fait couler le sang sous nos pieds pourtant bien usés par la marche dans la forêt. Eya croyait que plus on s’enfonçait dans l’île, plus le terrain devenait dangereux, et plus facile devenait la traque pour l’entité qui nous chassait. Et si tout ça n’était qu’un cercle vicieux ?

Ce matin-là, en me levant – je n’avais pratiquement pas fermé l’œil de la nuit; mes yeux étaient soulignés d’épais cernes violacés –, j’avais avalé quelques fruits en silence près du feu au centre de la cité. Depuis le temps qu’ils me connaissent, les citoyens de notre campement savent qu’il vaut mieux éviter de me casser les pieds en matinée. Quand j’habitais Toronto, mes parents évitaient de m’adresser la parole avant que j’aie bu mon premier café. Torture supplémentaire, on n’avait pas de café sur l’île. Seulement du thé. Mais ce jour-là, j’aurais donné n’importe quoi pour qu’un artisan me dise qu’il avait réussi à concocter de l’alcool. J’aurais donné un rein pour avaler tout un pichet et m’enfoncer dans les brumes de l’ivresse. Même si ça n’avait été que temporaire, même si ça n’aurait rien changé, cet alcool, je l’aurais appelé Délivresse.

Je connaissais les dangers de l’île. Mais la plage de sable blanc près du campement ne permettrait pas d’avoir la tranquillité dont j’avais envie. J’avais donc opté pour la plage de sable couleur obsidienne, la baie noire; où les vagues translucides venaient s’échouer sur les berges dans un ressac tranquille; où le silence était plus pesant qu’ailleurs. L’île avait cette particularité étrange qui la distinguait du vrai monde. À part les animaux à sang chaud qui atterrissaient parfois par ici, il n’y avait ni insectes, ni oiseaux, ni reptiles ou amphibiens. Aussi, le silence était presque total. Juste le bruit des vagues sur le sable. Juste le bruissement discret des feuilles effleurées par le vent. Ce silence, il avait quelque chose d’effrayant.

Perdue dans mes pensées, j’observais le large sans mot dire lorsqu’un bruit m’a faite sursauter.
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(c) ROGERS.
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Percycitizen
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Mer 18 Juil - 22:39

riptide
Percy & Nokomis

« Lady, running down to the riptide taken away to the dark side I wanna be your left hand man. » Vance Joy
Encore une journée ensoleillée, encore le soleil qui se levait du même côté de l'île, qui baignait les petites huttes de ses douces lueurs, tendant à nous faire croire encore à la beauté de cette île. Cependant, ici, tout était faux. Les plages paradisiaques n'étaient jamais à l'abri d'un requin affamé ou d'un raz-de-marée, les forêts ne recelaient que des prédateurs en pleine traque, même le champ fleuri comportait des plantes dont il fallait se méfier de par leur poison... Nil nous chasse à chaque heure du jour et de la nuit.
La nuit fut courte, car j'avais été de protection la veille aux premières heures de la tombée du jour. Puis, comme toujours car le poisson n'attendait pas, je me levais aux aurores afin de profiter des meilleures prises. La pêche était tout un art de patience auquel je n'aurais jamais pensé m'initier en vivant en Californie. Aujourd'hui, c'était mon gagne-pain, ce don qui me laissait une place au chaud dans la Cité. Ma patience n'était pas la seule chose qui avait changé depuis mon arrivée sur Nil. Je devais bien l'avouer, j'étais terriblement hautain et égoïste. Jusqu'à ce que je saisisse la vraie réalité de cette dimension de l'horreur, j'avais continué où je m'étais arrêté. A contredire tout le monde, à jouer le meilleur dans tous les domaines, à ne vivre que pour moi. Seulement, ici, ça n'était pas ainsi que l'on vivait. Et c'était alors que j'étais aux limites de l'expulsion que je me repris en main et que je m'ouvris au monde. Heureusement, il ne me fallut que quelques jours pour prendre ce tournant décisif. Néanmoins, cela avait suffit pour me mettre quelques personnes à dos, notamment Nokomis. Loin de moi l'idée de l'avoir obligatoirement dans mon cercle d'amis, mais je voulais vraiment me rattraper. Lui prouver que l'asshole que j'étais au départ n'était plus (ou peut-être encore un tout petit peu), mais seulement dans des situations critiques. Je voulais essayer de me racheter, de lui prouver que les gens pouvaient changer en bien, même ici sur Nil.

Ce jour-là, j'avais décidé de changer de plan. J'en avais assez de voir quotidiennement la même plage qui bordait la Cité. La Baie Noire était tout aussi majestueuse avec son étendue de sable anthracite. Et elle offrait également une toute autre sorte de poissons, de quoi ravir les papilles de mes compagnons de survie. C'est donc armé de ma lance que j'utilisais plus comme un harpon et d'un large filet sur les épaules que je me mis en route. Elle n'était qu'à quelques minutes de marche heureusement, des moments agréables que l'on passait au début du jour. L'air était frais, l'ambiance tranquille. J'appréciais ces moments de quiétude.
Et visiblement, je n'étais pas le seul puisque j'aperçus une silhouette sur la plage. Je m'arrêtai à plusieurs mètres de là, alors que mes pieds ne gouttaient même pas encore à la chaleur agréable du sable. Mettant ma main au-dessus de mes yeux pour calmer les rayons agressifs matinaux, j'en déduisis rapidement qu'il s'agissait de Nokomis. Durant un instant, j'hésitai à faire demi-tour. En deux années sur l'île, j'avais compris rapidement qu'elle n'était pas du matin et qu'il valait mieux pas la déranger si tôt dans la journée. Puis je me ravisai. C'était peut-être le bon moment pour se rabibocher et puis cette plage appartenait à tout le monde. Et si elle ne voudrait pas parler et bien... Tant pis. Je me contenterai de pêcher.
Alors je fis mes premiers pas sur la plage, m'approchant peu à peu de la jeune femme. Je ne le faisais pas en discrétion, si bien qu'elle avait certainement du m'entendre arriver. Je ne voulais pas la surprendre, simplement lui indiquer ma présence par quelques sons clairement audibles avant de l'harceler de mots qu'elle risquait de me renvoyer en pleine poire. C'est ce que j'apprécie le plus dans mon occupation de pêcheur. La sérénité que nous offre l'océan, déclarai-je en lâchant ma lance au sol et en commençant à démêler mon filet. C'était plutôt une bonne entrée en matière non ?
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ANAPHORE
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Nokomiscitizen
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Profil Académie Waverly
Mer 8 Aoû - 5:44


► il y a 1 030 jours, sur la plage
Riptide
percy & nokomis
La tension grimpe d’un cran lorsque se fait entendre le bruissement derrière moi. L’estomac retourné, je suis tiraillée entre l’envie de faire volte-face et celle d’éviter tout mouvement pour ne pas attiser la rage de la créature qui pourrait m’observer. Jamais je n’aurais cru ressentir du soulagement en apercevant la tronche de Percy, mais la boule qui s’était formée dans mon vente s’évapore comme un nuage et l’air recommence à affluer dans mes poumons. Devant mon silence et l’absence de réaction à sa présence, il lâche un commentaire sur la tranquillité de l’océan. Dommage que tu viennes tout gâcher, lâche la voix cynique à l’intérieur de mon crâne, aussi froide et tranchante que l’acier d’un couteau. Plusieurs commentaires me viennent à l’esprit en rapport avec sa présence importune dans un endroit où j’espérais m’isoler du regard des autres, mais j’ai l’impression que le californien m’enverra balader si je parle. Aussi, je retiens la multitude de remarques cinglantes qui me brûle les lèvres pour hausser les épaules.

« Je devrais peut-être songer à changer de job, alors. La forêt est trop silencieuse, parfois. » Ma voix est égale, dépourvue d’émotions. J’essaie de ne pas laisser pointer mon agacement face à sa présence. J’enfonce un peu plus mes orteils dans la couleur funèbre du sable, appréciant la fraicheur qu’il me procure dans la température de plus en plus étouffante. Je jette un œil vers le ciel. Avec les années, j’ai appris à distinguer l’heure approximative uniquement en me fiant à la position du soleil dans les cieux céruléens. Parce que tous les jours, tous les prisonniers de Nil attendent la même chose : midi. L’heure à laquelle tout semble s’arrêter, l’heure de la vérité... l’heure de toutes les joies et de tous les désespoirs. Celle où toutes les portes sortantes font leur apparition. On ne sait jamais si quelqu’un arrivera à la trouver. Encore moins si quelqu’un arrivera à l’attraper. On ne peut jamais deviner si ce sera une simple, une double ou une triple. Tout ce qu’on sait, c’est qu’une fois de temps en temps, quelqu’un arrive à l’attraper. Et qu’on ne reverra plus jamais cette personne-là. Et malgré mon scepticisme face à la destinée qui nous attend une fois qu’on traverse ce rideau d’air frais, je ne peux m’empêcher de l’attendre comme tous les autres.

Quittant mes pieds olivâtres du regard, je fixe mes iris sur le visage concentré de Percy qui a entrepris de démêler les cordes de son filet de pêche. En observant ses traits marqués par le soleil, je ne peux m’empêcher de remarquer à quel point Nil nous a tous changés. Pour certains, ce changement était une bénédiction. Pour d’autres, comme moi, c’était une malédiction. Bien que je n’étais pas un rayon de soleil avant de mettre les pieds au sein du domaine de Nil, les années, les pensées et le manque d’espoir tangible m’avaient aigrie. « Tu crois vraiment que les portes sortantes nous ramènent chez nous ? » lui demandai-je à brûle-pourpoint.
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Percycitizen
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Mar 21 Aoû - 17:35

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Percy & Nokomis

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Je m'attendis à une réponse cinglante de la part de Nokomis, mais rien ne vint. Le silence s'installa entre nous et j'en fus surpris. Si bien que je m'arrêtai dans mes gestes de démêlages et lui jetai un regard discret. Elle finit par me répondre d'une voix monotone marquée par un haussement d'épaules. Je pouvais la comprendre. Le silence dans les bois pouvait s'avérer être un très mauvais présage. Quand la forêt semble retenir son souffle, pour mieux nous dévorer l'instant d'après. Il n'y avait aucun doute: je préférais l'océan. Ou du moins sa surface. Ses profondeurs devaient être tout aussi dangereuses que la forêt de Nil. J'avais déjà vu bon nombre d'ailerons de requins à l'horizon et en m'aventurant un peu trop loin, il m'était arrivé de rencontrer des crocodiles prenant un bain de soleil. J'avais tout juste eu le temps de me retourner et de prendre mes jambes à mon cou. Ces gros lézards, ils pouvaient rester si longtemps au soleil jusqu'à en devenir si sec que je l'avais confondu avec un rocher, m'approchant de lui sans vraiment m'en soucier. Jusqu'à ce que j'aperçoive un mouvement de respiration de la part du caillou, qui avait suffi à me faire faire demi-tour.

Alors que Nokomis détourna son regard vers le ciel, la mer, je retournai à mon occupation première: celle de démêler mon filet. Ce genre de chose arrivait tout le temps. Ca me rappelait les écouteurs dans notre ancienne vie. On les enroulait correctement dans notre poche ou dans notre sac et lorsque nous les ressortions l'instant d'après, le câble était devenu une boule de noeuds. C'était un cas similaire ici et j'appréciais faire ce parallèle. Je me motivais en me disant que lorsque j'aurai fini, je pourrai écouter de la musique. Seulement, ça n'arrivait jamais...
A nouveau, je m'arrêtai dans mon occupation lorsque Nokomis évoqua le fond de sa pensée. Oui, les fameuses portes. Certains passaient leur temps à essayer de les chercher pour fuir cet enfer. Alors qu'en réalité, peut-être ne nous ramenaient-elles pas chez nous ? Pour ma part, je préférais laisser ma place aux autres. Bien évidemment que ma vie me manquait et Dieu sait ô combien j'aimerais retrouver ma soeur. Mais ceux qui partaient avaient une vie importante à poursuivre sur Terre. La plupart des gens devaient penser que j'étais mieux là où je me trouvais.
-Je m'efforce d'y croire pour tous ceux qui nous ont quitté au travers l'une d'elle. C'est notre seule solution pour sortir de cet enfer, alors c'est la dernière chose dans laquelle il me reste encore un peu d'espoir.
J'hésitai avant de lui retourner une question. Je devais reconnaître m'y prendre avec des pincettes avec elle, car je ne voulais pas faire de faux pas. Je comptais réellement lui montrer que je n'étais plus le même que lors de mon arrivée. Depuis, les années ont passé et je suis devenue meilleure. Enfin, c'était ce qu'il me semblait. Alors, ma curiosité finit par prendre le dessus.
-Tu en as déjà vue une ? De ces portes sortantes ?
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(c) DΛNDELION


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