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Les échoués (ft. Tess)

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Lolacitizen
Messages : 25
Date d'inscription : 12/07/2018
Profil Académie Waverly
Mar 17 Juil - 22:53

Les échoués


J’AVAIS OUVERT LES YEUX EN FACE d’un putain de crabe. Un crabe, oui. Il était là, avec sa coquille rouge vif et m’observait d’un air dérouté, ses pinces claquant dans le vide. Autant dire que cela m’a réveillée net. Ça, plus une douleur horrible à l’orteil gauche qui m’a  fait pousser un cri : un autre crabe venait de me pincer. Fait plus inquiétant encore, j’étais nue. Totalement nue. Comment étais-je arrivée nue dans un endroit plein de crabes ? En ouvrant les yeux, je me rendis compte qu’il-y-avait l’océan. Merde. Merde. Merde.
Je me suis forcée à me lever malgré la douleur et me suis perchée sur un rocher. Je sentais l’odeur du sel dans mes narines, tout en essayant de me rappeler de la dernière chose que j’avais faite. Ah oui, ça me rappelle : la course d’orientation avec July et Eloïse. Nous étions dans le parc de la tête d’Or, à rechercher de fichus drapeaux rouges.
Et voilà que j’avais atterri sur un banc de sable noir, avec des crabes furax, face à une mer étincelante, sans un seul bateau en vue. Mon sang battait avec vivacité dans mes tempes. Je n’avais pas mes vêtements sur moi. M’étais-je fait kidnappée, agressée, violée, puis jetée sur une plage ?
Ok, Lola. Calme-toi.
C’était pourtant l’option la plus plausible. Plus que de se faire happée par une porte géante invisible. En regardant mon pied, je constatais qu’une trainée de sang s’y trouvait désormais. Génial. J’ai passé plus d’une heure à observer les alentours, convaincue que quelqu’un allait bien finir par se pointer — après tout, je ne pouvais pas être sur une île déserte. Ces trucs là, ça n’arrivait que dans les films et les livres. Au bout d’une seconde heure, encore plus longue que la précédente, j’ai finalement décidé de prendre mon courage en main et de détaler hors de la baie noire. Tout en poussant des petits cris stridents à cause de ma blessure. Mes amis les crabes m’ont un peu laissée tranquille après ça (je crois qu’ils avaient encore plus peur que moi). Ne voyant mes affaires nulle part, j’ai fini par attraper une feuille de palmier pour couvrir mon corps. Une chose était sûre, je n’étais plus à Lyon. Est-ce qu’un taré m’avait attaquée ? Que m’était-il arrivé ? Pas le temps pour ces questions-là. Pour l’heure, je devais surtout trouver où  j’étais… J’ai passé une journée à errer, en essayant de mettre mon pied hors de portée du sable (pas facile) et de le nettoyer avec l’eau de mer (ça pique). J’ai même essayé de casser une noix de coco (sans succès) pour en boire le jus.
J’ai pleuré.
J’ai hurlé.
J’ai même insulté ces foutus crabes.
Et perdu toute ma dignité.
En espérant que quelqu’un ne puisse me rejoindre.
La première nuit fut un calvaire. Un vrai de vrai. J’ai entendu des cris provenant de la forêt et je me suis promis de ne plus jamais hurler. J’étais plus inquiète pour mes parents, pour Mathias et mes amis que pour moi. Ils devaient être morts d’inquiétude !  Quand à moi… Eh bien, je mourrais de soif et de faim. Il n’y avait rien autour de moi. Pourtant, s’il-y-avait des crabes, il devait bien y avoir de l’eau douce. Non ?
C’est ainsi que je me suis retrouvée à casser deux branches d’arbre, en guise de béquille et à me diriger péniblement vers le sud-ouest.


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avatar : katherine langford (c) fio
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Tesscitizen
Messages : 199
Date d'inscription : 11/07/2018
Profil Académie Waverly
Mer 18 Juil - 17:38
Les échouées






Il n'est pas rare que tu traînes sur ta piste d'atterrissage en cette île de NIL. Oui, tu sais que c'est un lieu de pélerinage pour de nombreuses personnes qui arrivent par ce coin là, nues bien évidemment. Non, tu n'y vas pas pour te rincer l'oeil, quoique, parfois, il y a de sublimes corps qui arrivent ici, mais ce n'est pas la raison principale de ta venue au niveau de la baie noire. Non, tu viens voir si comme toi en ton temps, il n'y a pas de nouveaux arrivants qui seraient un peu perdus par exemple. Tu sais qu'ils arrivent régulièrement, même si parfois tu ne vois ou croise personne évidemment. Mais aujourd'hui, tu le sentais bien, tu le sentais à merveille même, car tu avais cette envie, celle d'accueillir quelqu'un, comme si tu étais de baptême et que tu allais avoir un nouveau filleul. Tu en as quelques uns sur l'île, certains ne te regardent presque plus, d'autres au contraire sont devenus des amis très proches, ou simplement des amis, car lorsque vous devenez le premier visage que l'on voit alors que l'on est perdu, ça aide à tisser des liens. Tu t'approchais donc de la baie noire et de ces crabes vicieux. Oui, tu le sais très bien, vu ce qui t'étais arrivé à toi. Tu pensais croiser du monde, une personne peut être, mais elle n'était plus là. A en croire les traces, ce petit bout de peau qu'il y avait là, elle ne devait pas être très loin, tu t'étais plantée d'une journée au moins, peut être un peu plus mais bon, ça ne prévient, tu ne peux pas faire de miracles non plus, sinon, tu passerais tes journées ici. Alors, tu suivais les traces. La personne était restée par ici pendant quelques heures, essayant de marcher. La blessure était réelle bien que superficielle, mais si elle n'était pas soignée, alors, elle pourrait véritablement s'infecter. Tu rebroussais chemin suivant les perles de sang, qui n'étaient qu'assez rare, mais avec le temps, tu saurais remonter la piste. Et au bout d'une heure environ, c'est là que tu l'as entendu, cette petite plainte, ce petit gémissement, et cette personne nue surtout. Tu t'approchais et au détour d'un arbre, tu la vois enfin. Elle est incroyablement belle, des formes généreuses là où il en faut, un physique bien différent du tien, mais tu t'en fiches, car elle est clairement perdue. Alors, tu passes à une trentaine de mètres sur le côté pour que son chemin croise naturellement le tien. Tu ne veux pas lui faire peur, tu veux la rassurer et l'emmener à la cité pour qu'elle puisse avoir des vêtements et toutes les commodités du coin. Elle doit avoir tellement de questions aussi, et tu lui en apporteras. Tu croises donc sa route, enfin doit-elle se dire.

" Tu m'as l'air un peu perdue, besoin d'aide ? "

Non, sans blague, c'est ça ton introduction auprès de la jeune femme ? Dans la situation où elle est, tu n'es cependant même pas sûre qu'elle remarque l'ironie de ces propos car il est évident qu'elle est perdue et qu'elle a besoin d'aide.