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#1.La Chasse

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NILenemy
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Profil Académie Waverly
Ven 13 Juil - 18:13
La Chasse





Vous êtes aux abords des cultures. Ici-même où Magnus et Alica ont entendu des sons sauvages et des ombres rapides au travers des feuillages.

Voici encore les cris que s'entendent comme s'ils sentent les événements à venir. Vous devez vous avancer pour découvrir d'autres traces qui s'enfoncent un peu plus dans la forêt.

-- Décrivez votre arrivée à cet endroit après le discours du Leader.
-- Attendez la prochaine arrivée de Nil pour connaître les dangers auxquels vous ferez face. Cependant, l'atmosphère est subtilement silencieuse et lourde.
-- Vous ne pouvez faire intervenir que votre personnage (et les PNJ - facultatif) dans votre post.



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Magnuscitizen
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Profil Académie Waverly
Ven 13 Juil - 19:10
Tout un régiment les avait carrément rejoints; voilà qui arrangeait tout particulièrement les affaires de Magnus. Il n'avait en aucun cas l'intention d'aller risquer sa peau dans ce dédale de cimes et de troncs ombragés. Les feuillages étaient un paravent bien efficace : nul regard n'aurait pu pénétrer la pudique forêt. Et nulle dryade ne chantait pour les attirer. Seul le silence pesant leur faisait face. Magnus aurait été plus rassuré s'il avait entendu des craquements, des grognements, des gémissements, un quelconque signe de vie. Mais les halètements qu'ils avaient cru entendre il y a quelques minutes de cela semblaient s'être évaporés, comme si les animaux à qui cette île revenait de droit avaient compris que les bêtes humaines préparaient une vendetta des plus sanglantes. Les bestioles qui foulaient cette terre isolée devaient vraiment se demander pour qui ils se prenaient. Après tout, ils n'étaient qu'invités ici. Et pas vraiment les bienvenus, qui plus est. Peut-être que Nil souffrait de leur cohabitation funeste et forcée autant qu'eux.

Pendant un instant, il resta planté là, indécis. Ses doigts calleux s'étaient renfermés sur le manche du poignard qui pendait délibérément à son pantalon trop lâche. Si les survivants ne s'agressaient en général pas entre eux, il valait quand même mieux montrer qu'il avait de quoi à se défendre, malgré sa jambe de verre écorché. Néanmoins, la bravoure qui semblait émaner de son dos droit et de son regard confiant n'était que poudre aux yeux : en réalité, il attendait que les protecteurs prennent les devants. Ce n'était pas très glorieux, certes. Mais il n'avait rien d'un héros. Il était plutôt l'échec humain, le minable qui aurait dû y passer à la place de la jolie brune au sourire exquis. Magnus n'avait rien à faire là. Et il le faisait savoir par son entêtement à ne pas regarder les autres dans les yeux. Finalement, il se tourna vers les rambos du groupe et rempli par sa mauvaise foi, se permit d'ironiser :  

"Bon, qu'est-ce qu'on fait ? Vous avez une corde et une cravache, qu'on fasse ça proprement ? "
Spoiler:
 
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Nokomiscitizen
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Profil Académie Waverly
Sam 14 Juil - 18:53
J’avais écouté le discours du leader d’une oreille distraite. Avec Percy, Alec et Tess qui étaient partis en exploration depuis deux jours et mes propres démons qui hantaient mes nuits depuis plus d’une semaine, je n’arrivais plus me lever avec la tête reposée. Après huit longues années passées sur l’île, je sentais l’étau se refermer définitivement sur moi. J’avais depuis longtemps abandonné l’espoir de rentrer. Malgré tout mon égoïsme et ma tendance à faire passer ma survie avant celle des autres, attraper une porte ne faisait plus partie de mes priorités.

Je me souviens des premiers mois passés sur l’île de Nil, lorsque je vivais dans la forêt avec Eya. Chaque nuit, j’observais les étoiles qui piquaient le ciel de velours sombre et je me demandais si ma famille me cherchait, s’ils avaient mis une photo de ma tronche sur les cartons de lait, dans les médias ou sur de petites affiches placardées dans les rues de Toronto. À cette époque, j’avais espoir de les retrouver un jour. Mais les mois s’étaient succédés, puis les années. Et la certitude qu’ils avaient capitulé devant l’idée de me revoir un jour s’était ancrée en moi. Aujourd’hui, je préférais laisser la Priorité sur les portes à ceux qui étaient là depuis moins longtemps que moi, ceux qui pourraient retrouver un semblant de vie normale alors que je m’estimais trop lourdement endommagée par Nil. Pas physiquement, mais psychologiquement.

Ce n’est qu’en entendant mon nom que j’ai relevé le regard vers le leader, comprenant que je devais me rendre en périphérie de la forêt pour y rencontrer Magnus et Alica avec d’autres survivants pour identifier et tuer les bêtes qui s’invitaient dans nos cultures. L’idée de déguster de la viande m’enchantait. Dans le vrai monde, j’en mangeais rarement et en petites quantités, mais sur Nil, les protéines étaient une denrée rare sur laquelle personne ne crachait. Le poisson et la viande, nous les savourions avec félicité chaque fois qu’on nous laissait en dénicher.

Hors des limites de la cité, nous n’étions pas à l’abri des attaques de Nil. En périphérie de la forêt, nous nous toisions sans mot dire. L’ambiance se faisait lourde alors que les protecteurs scrutaient les traces de pas dans le sol meuble. J’esquissai l’ombre d’un sourire devant la remarque de Magnus. Il avait cette façon de ne pas s’encombrer de politesses qui me plaisait particulièrement. En plus, son accent était agréable. Malgré nos hauts et nos bas, et ma tendance à faire irruption dans sa hutte un peu trop souvent depuis sa blessure, une sorte de pacte silencieux s’était installé entre nous, et ça n’était pas pour me déplaire. Nous partagions de nombreux défauts, peut-être était-ce la raison de mon attachement envers le suédois.

« C’est quoi le plan ? demandai-je d’une voix qui se voulait ferme et assurée. Je ne reconnais pas les traces de cet animal, mais j’ai pas envie qu’il mange tous nos légumes... (Ma voix se mourut dans un grommellement.) Manquerait plus qu’on crève de faim. »


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NILenemy
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Dim 15 Juil - 19:44
La Chasse





Un éleveur accoure vers vous pour s'ajouter aux nombres déjà important de votre groupe. Magnus ne semble pas apprécier ce nombre grandissant. Cet éleveur souffle d'une voix hachée
"C'est un ou plusieurs sangliers sauvages. En tout cas, c'est ce que les traces nous révèlent"

L'explorateur et un protecteur se jettent un coin d'oeil en coin. Puis se tournent vers les autres :
"On a signalé un sanglier plus grand que la normale au-delà de la Crique. Il avait foncé sur Mathias (le protecteur) et sur moi ; heureusement, qu'on a pu se réfugier dans un arbre."

Le deuxième protecteur prend la parole.
"Nous devrions trouver sa tanière. On aura plus de chance de l'avoir là-bas car dans toutes les possibilités, il y retournera. Nous pourrons ainsi le piéger."

Vous ne pouvez pas retourner auprès du leader pour prouver votre échec - où est donc votre fierté ? - Il est proposé de s'avancer. Vous voilà en train de pénétrer dans la forêt pour suivre les traces visibles dans la boue sèche. Il avait plu ces derniers jours. Le silence se prolonge. Même les animaux semblent attendre quelque chose.

Maintenant que vous vous êtes enfoncés dans la forêt silencieuse, près de Nokomis dans le feuillage un souffle se fait entendre, une respiration puissante et sauvage. Elle ne dura qu'une seconde avant de disparaître dans le vent. Magnus semble avoir coincé sa canne entre deux racines.

En face de vous, un croisement et les traces sont moins visibles ... d'autres animaux sont passées, la terre moins présente que la végétation. Qu'allez-vous faire ? Droite ? Gauche ? Animal ou autre ? Le chemin choisi peut déterminer l'ennemi. Faites le bon choix !

-- Ecrivez à partir de votre dernière intervention
-- Attendez la prochaine arrivée de Nil pour connaître les dangers auxquels vous ferez face. Cependant, l'atmosphère est subtilement silencieuse et lourde.
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Magnuscitizen
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Profil Académie Waverly
Lun 16 Juil - 20:43
Magnus hésitait entre montrer clairement son agacement ou conserver cet air neutre qui conférait à son visage tiré l'aspect d'une poupée de cire. Ce qu'il avait surtout envie de dire, Magnus, c'était qu'ils pouvaient tous aller se la faire mettre à la queue-leu-leu, en ordre alphabétique et tout ça avec sa bénédiction. A part Nokomis. Magnus devait admettre que malgré tout, il se surprenait à parfois rechercher dans les méandres de la zone contrôlée sa silhouette forgée par des années d'errance et de corps à corps avec Nil l'effroyable. Est-ce que comme lui, Nokomis avait frôlé la mort, yeux dans les yeux avec le démon qui semblait régner sur ce bout d'océan ? Ou est-ce qu'elle avait été chanceuse jusqu'au bout ? Magnus n'avait aucune intention de lui demander. Ce genre d'interrogations indiscrètes n'embrasaient sa curiosité paresseuse seulement quand son esprit était à court de noir à broyer. De plus, le passé de Nokomis n'était d'aucune utilité pour sa propre survie. Qu'il reste donc là où il était. Enterré sous les décombres d'une autre vie.

Son masque commençait à se désagréger et son impatience semblait vouloir éclore comme une plante carnivore. Un coin de sa bouche se tordit légèrement et il tourna la tête vers la forêt, qui n'était rien d'autre qu'une masse de verts plus ou moins sombres. Il n'avait jamais été un amoureux de la nature, et ce n'était pas maintenant qu'il allait le devenir. Sa canne glissait sur le sol comme une extension de son corps qu'il n'arrivait pas à contrôler : elle dessinait des arabesques étroits et des boucles brouillonnes dans la terre mordorée par le soleil. Il s'apprêtait à râler pour la forme lorsqu'un éleveur les rejoignit au pas de course. Magnus ne put s'empêcher de penser que le mouvement incontrôlable de ses bras et de ses jambes, qui semblaient être attirés vers les quatre points cardinaux en même temps, le rendait sacrément ridicule. Il manqua de lâcher un " Je le savais " quand l'homme à la carrure bovine déclara, entre deux soupirs épuisés, que les traces étaient celles d'un sanglier.

Merci. Cela valait bien la peine de courir un marathon pour leur transmettre une information qu'ils avaient déjà devinée seuls. Il écouta d'une oreille discrète l'échange entre les protecteurs et les explorateurs. Il n'avait que faire de leurs déboires, mais était assez malin pour feindre un intérêt relatif. Hors de question que son tempérament... difficile ne serve d'excuse si jamais on l'abandonnait face au danger. Les fortes têtes avaient à présent décidé qu'il fallait s'avancer à l'orée de la forêt. Magnus estimait qu'il n'avait ici aucune utilité, mais visiblement, ce n'était pas l'avis des autres. Il les suivit d'un pas traînant, un peu intimidé à l'idée de retrouver ce lieu qui avait failli lui servir de sépulture. L'atmosphère était lourde et humide. Une mousse aux couleurs peu ragoûtantes rampait comme une pestilence sur le cadavre inanimé des arbres malmenés par les averses. Une odeur fétide émanait des végétaux, comme s'il avait plu des eaux croupies. Une lumière corrompue par l'orage perçait sans grand succès les cimes évanescentes qui surplombaient avec mépris leur petit groupe. Plus ils avançaient, moins le chemin était visible. La pluie avait enfanté de nouveaux arbres, dont les racines serpentaient là où bon leur semblait.

Ce n'était pas très pratique. Lui qui avait besoin d'espace pour se déplacer regrettait l'allure féline qu'il avait trimbalée avec lui pendant des années. Anciennement prompt aux acrobaties et aux pas de géants, il était à présent condamné à tâter le sol mou de sa canne pour ne pas chuter involontairement. Quelle honte. Il râlait à voix basse en insultant chaque champignon vénéneux qu'il croisait, quand tout d'un coup, un grognement sourd causa leur arrêt immédiat. Tout le monde, sauf lui, qui avait évidemment réussi à coincer sa canne entre deux racines enlacées, tourna la tête d'un seul geste vif et simultané vers l'obscurité qui semblait se renfermer sur Nokomis, comme si Nil tirait le rideau pour enfin achever cette actrice qu'elle abhorrait en secret. Si le silence qui s'éternisa pendant quelques secondes aurait pu faire croire à un idiot qu'il avait imaginé le gémissement, eux avaient depuis bien longtemps dépassé ce genre d'espérances naïves.

" Vous pensez qu'il s'est enfui ? " interrogea Magnus, moins rassuré qu'il ne le laissait paraître. Il n'était pas celui qui allait prendre une décision, ça, c'était certain.

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Lolacitizen
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Mar 17 Juil - 14:31

Break me, I'm yours.
Après avoir passé deux jours à errer seule sur cette plage, à essayer de fuir les crabes, j’ai finalement trouvé cette cité. Quand Drake, le leader, m'a tout expliqué, j'ai cru halluciner. Je n’avais jamais entendu parler de Nil et j’essayai encore de comprendre comment je pouvais avoir disparu, happée par une porte transparente jusqu’à une île déserte. Il m’avait prévenue : c’était un cauchemar. Mes coups de soleil ont commencé à disparaître avec l'aloe vera et j'arrive à peu près à marcher normalement. J’ai pu dormir dans une hutte — dans un lit — en toute sérénité. Quand j'ai dit que je savais cuisiner, ça a provoqué un émoi. J'ai donc été envoyée avec les agriculteurs pour repérer des traces de blé. Et moi qui me plaignais de ma fichue course d'orientation ! Si July me voyait, elle se ficherait de moi. Mes parents, mon frère et Mathias, mon petit ami, devaient être sacrément inquiets. Toutefois, je n'ai pas à me plaindre en comparaison à ce pauvre Kévin. Nil l'a eu. J'ai du mal à penser que ce tas de cailloux a une conscience, mais les autres semblent la percevoir. Tu ne m'auras pas, Nil. Pas comme Kévin. Horrifiée, j'avais vite compris que Kévin n'était pas le premier à mourir. J'ai donc suivi Magnus et cette femme, Nokomis, qui semblait avoir grandit sur cette île. Il fallait que je m'occupe l'esprit pour ne pas devenir folle.
Apprendre à faire de la farine ? Ok.
Partir à la recherche de sanglier dangereux armée d'une lance ? Ok.
Tout était parfaitement normal et réel. Je n'étais pas folle. Mes blessures, mes coups de soleil en attestaient. Magnus, lui, parlait à présent à un agriculteur - un certain Darren, je crois. Légèrement en retrait, je m'approchais.

J'ai lu quelque part qu'un sanglier pouvait aller jusqu'à 70 kilomètres par heure, j'ai déclaré soudain d'une petite voix. S'il s'est enfuit, il doit être à l'autre bout de l'île, maintenant.

J'essayais de ne pas paraître trop soulagée. Essoufflée, je m'épongeais le front à cause de la chaleur ambiante. Je me demandais combien de temps encore j’allais être en état de choc. Ils avaient l'air si à l'aise... Dans leur élément ! Comme si Nil était devenue leur maison ! De ce que j'en savais, Magnus et Mokonis venaient d'ailleurs que de France. Mon anglais n'était pas très bon, mais j'allais vite devoir apprendre à me faire comprendre. Prenez donc le forfait Nil, encore plus efficace qu'une année Erasmus ! Je souhaitais plus que tout ne pas rester ici éternellement. J’avais une vie, une famille, des amis, un petit ami… Et tout cela était à présent terminé. Je devais apprendre à me nourrir et à chasser les bêtes sauvages, alors que j’étais une vraie littéraire, une artiste. CESSE DONC DE TE LAISSER ABATTRE, WILLOW ARIANA GILBERT. TU ES LOLA, DÉSORMAIS !
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Nokomiscitizen
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Profil Académie Waverly
Mer 18 Juil - 3:18
L’annonce de la mort de Kévin avait déjà miné mon moral avant même que la journée ne soit bien entamée, mais cette excursion n’avait rien pour me réjouir. Malgré mon statut d’exploratrice depuis mon arrivée parmi mes camarades, je préférais de loin la cueillette de fruits et d’herbes à la chasse aux bêtes sauvages. Même si m’éloigner de la cité pour remplir mon rôle dans la communauté me mettait presque tous les jours à risque de me faire tuer par notre geôlière, c’était mieux pour moi que de rester au campement pour regarder les légumes pousser, les torches se consumer, fabriquer des shorts ou des crèmes solaires expérimentales. Dans la forêt, à la recherche de nourritures ou de nouveaux venus à ramener parmi nous, je me sentais relativement protégée grâce à mon cristal effilé qui ne me quittait plus. En plus, j’avais toujours Seph ou un autre mec près de moi avec des armes plus robustes si on venait à en avoir besoin. Pas que ce fut rassurant avec Seph qui sauverait sans doute sa peau bien avant de sauver la mienne...

Un éleveur s’approcha à grandes foulées pour nous annoncer que les traces étaient celles d’un sanglier. Génial, songeai-je. On venait de tomber sur un animal qui dévorerait nos légumes sans se soucier des dizaines de vies que nos agriculteurs essayaient de préserver, mais aussi sur un mastodonte d’une vitesse et une agressivité sans pareille qui risquait de nous causer des blessures graves au cours de la chasse. La nervosité montant rapidement en moi, je participai aux discussions entre les protecteurs et les autres explorateurs qui prirent la décision que nous devions partir à la recherche du cochon sauvage dans les bois. Malgré moi, j’eus une pensée pour Magnus qui éprouverait sans doute des difficultés à suivre le rythme du reste de la troupe alors que nous progressions entre les arbres. Moi qui étais pourtant loin d’avoir la fibre maternelle pour les autres nouveaux, je sentais une responsabilité à son égard depuis que je l’avais sauvé de la mort, et bien que je sois tentée de lui demander si ça allait aller, je m’en abstins. Je n’avais pas envie de prendre un vent. Mags étaient aussi têtu et mordant que moi, et il ne voudrait pas de mon aide malgré sa canne et son récent handicap.

C’est un grondement sourd et enveloppant qui me stoppa net dans ma progression entre les arbres immenses qui se dressaient vers le ciel, laissant passer des rayons de soleil çà et là. Je n’avais jamais connu un tel sentiment de crainte par le passé. Depuis mon arrivée sur l’île, Nil semblait prendre un malin plaisir à jouer avec moi. Les autres habitants de la cité prétendaient que les risques augmentaient proportionnellement au temps passé dans le domaine de Nil, mais elle ne m’avait encore jamais attaquée directement. En entendant ce grondement, je ne pus m’empêcher de me demander si mon heure sonné. Le souffle immonde qui effleura mon cou était à la fois puissant et indomptable... mais il disparut aussi vite qu’il était arrivé.

La voix de Magnus perça le silence, et l’air entra de nouveau dans mes poumons alors que je retenais les larmes qui menaçaient de couler sur mes joues. Une voix peu familière enchaîna, je tournai les yeux vers elle. Avec sa lippe boudeuse, sa longue chevelure sauvage et son regard hypnotique, je ne lui donnais guère plus de 18 ou 19 ans. Elle était sûrement fraîchement débarquée. Dans un souffle, je déclarai : « Te réjouis pas trop vite. Le sanglier est le cadet de tes soucis dans cette forêt. » Seule la cité garantissait votre survie. Et encore... Je sentais bien que mon commentaire avait assombri le moral des autres, mais on n’était pas là pour se bercer d’illusions. Mon tempérament terre à terre avait assuré ma survie jusqu’ici. Je n’allais pas m’en détacher de sitôt.

Comme personne n’esquissait un mouvement, je pris les devants. « Vaut mieux ne pas se séparer. Les sangliers mangent pas de fruits tropicaux, mais ils aiment les racines, les noix et les céréales. Il reviendra forcément vers la cité, mais on ne l'attendra pas toute la journée. Continuons vers le nord. Il y a de bonnes chances que le cochon finisse par avoir soif et c’est la seule source d’eau potable du coin. » Quoiqu’il en soit, je n’avais pas envie de faire du sur place et servir de repas à Nil. Je n’attendis pas les commentaires de mes compagnons et continuai à avancer entre les arbres recouverts de mousse, la peau perlant de sueur.


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NILenemy
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Profil Académie Waverly
Mer 18 Juil - 23:29
La Chasse






Après ce grognement, les membres du groupe se resserrent un peu plus les uns contre les autres ; mais Nokomis semble entendre des murmures à la fois doux et menaçants. Ils caressent son oreille avant de filer dans le vent.

Magnus et Lola se retrouvent tous les deux au centre de la formation, car ce sont les plus vulnérables aux attaques et qu'on se doit de les protéger du mieux que l'on peut.

Quelques heures de marche et l'air se rafraîchit. Le bruit d'un ruisseau se fait entendre. Nokomis, toujours hanté par les murmures de la forêt, ressent une caresse volatile entre ses jambes. Magnus se retrouve avec de la boue plein la canne et des moustiques semblant le trouver délicieux. Lola trébuche contre une pierre et tombe face à un petit serpent qui se lève pour siffler avant de fuir.

[Événement Naturel] Soudain, le vent se lève et fait craquer les branches des arbres. Il tourbillonne autour de cette zone - ne touchant que cette partie de l'île. Entre le hurlement du vent, vous percevez le grognement du sanglier. Il est près. Des branches commencent à tomber. Une petite grotte naturelle est formée dans le sol même, caché derrière une pierre près de la rivière. Vous êtes giflés par les feuilles faisant couler le sang en petits filaments. Vous tenez à peine debout.

Vous lui courrez après ? Vous vous abritez ?

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NILenemy
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Mer 18 Juil - 23:29
Le membre 'NIL' a effectué l'action suivante : Destin


'NIL#1' :
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Magnuscitizen
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Mar 24 Juil - 16:39
Un enfer aux couleurs froides, à la chaleur moite et qui refoulait d’une senteur pourrie et viciée, voilà ce qu’était la forêt. Magnus commençait à céder face à l’angoisse qui vibrait comme un orchestre fou au sein de sa boîte crânienne : nulle beauté marécageuse ne pouvait subsister face à la crainte qui étreignait sa gorge de ses doigts semblables à des branches brisées. Chez Magnus, la peur se mêlait également à l’impuissance : s’il fallait courir, il en serait incapable; se battre contre une bête furieuse aux muscles nerveux et tendus comme des lianes tuberculeuses était tout simplement impensable; gravir une colline, grimper à un arbre ? Mais laissez-le rire. Pire que tout, il se sentait inutile. C’était sans doute la pire impression : celle d’être un poids mort, un parasite, une vermine, une engeance inutile dont il fallait se débarrasser le plus vite possible. Ce sentiment désagréable qui pesait sur son estomac comme un kilo de plomb fut très vite renforcé par la formation implicite et instinctive qui se forma autour de lui et la nouvelle venue. Les maillons faibles du groupe semblaient à présent à l'abri de toute menace, protégés par un rempart de chair à canon et de muscles déliés, mais Magnus ne se faisait pas d'illusion : NIL n'avait cure de leur pathétique protection.

Cela faisait à présent des heures qu'ils marchaient : Magnus avait arrêté de compter. Sa jambe le faisait très bien pour lui : elle grinçait, courbait l'échine face à son poids et lui faisait un mal de chien. De la sueur perlait sur son front pâle, et ce n'avait rien à voir avec la moiteur de l'atmosphère; ils avaient l'impression de traverser une épaisse brume maussade et tiédasse qui s'accrochait à leurs haillons, à leur peau, à leurs lèvres, à leurs yeux. Il se sentait nauséeux et avait de plus en plus de mal à avancer. Il serra les dents : il n'osait pas demander une pause et pourtant, il en aurait bien besoin. Sa jambe valide était tendue comme un ressort trop bandé : brave et stoïque, son corps tenait le coup alors que son esprit commençait à flancher. Son membre fantôme semblait vouloir le retenir en arrière, comme s'il eût été doté d'une volonté propre et implacable. Malgré sa fierté, il laissa maladroitement échapper un râle qui trahissait fatigue, agacement et douleur. Sa canne trempait dans la boue comme si elle avait souhaité s'y enraciner. Peut-être que s'il refusait d'avancer, qu'il s'abandonnait à l'acharnement de NIL, celle-ci aurait pitié de lui et le laisserait mourir en paix et au soleil. Comme une plante qui a fait son temps.

Mais la cruelle manquait terriblement de grâce : un vent sec et sifflant se levait doucement, comme si l'île en avait assez que le petit groupe ignore avec une morgue ostentatoire ses avertissements clairs-obscurs. Parfois, Magnus se demandait si elle était omnisciente ou si elle n'était qu'un cyclope décharné, condamnée à traquer tour à tour ceux qui se jouaient d'elle sur son propre territoire. Où était l’œil qui semblait constamment braqué sur eux ? Dissimulé par la chape grisâtre qui faisait office de ciel, peut-être ? Le vent les empêchaient d'avancer à vive allure. Leurs dos étaient courbés, leurs regards rivés au sol pour ne pas être blessés au niveau des globes oculaires. Magnus se retourna lorsqu'il crut entendre un glapissement de frayeur : la brune au visage lumineux avait trébuché et s'était retrouvée nez à nez face à un serpent dimorphe et aux crocs suintants de venin. Il soupira et tapota le sol de sa canne : pris de court par les vibrations qui se rapprochaient de manière menaçante pour le frêle animal, celui-ci s'enfuit, comme emporté par la tempête. Sans un mot, Magnus tendit une main tremblante à Lola.

Il attendit quelques secondes qu'elle s'en empare ou qu'elle refuse son aide. Cela lui était égal. En temps normal, il l'aurait probablement laissée toute seule, mais face à de telles conditions, il ne pouvait moralement pas laisser la jeune femme affalée dans la boue. Un murmure se répandit parmi les explorateurs, qui les avaient distancés. Même en retrait, Magnus pouvait percevoir le grondement sourd qui s’extirpait avec fracas des mâchoires impitoyables de l'animal. Cependant, il était invisible, comme si NIL s'amusait à le dissimuler pour les faire tourner en bourrique. Magnus planta sa canne dans le sol qui s'effritait sous ses pas. Trop de vent. Il faisait si froid. La seule jambe qui lui était restée fidèle ne supportait plus son poids. Il menaçait de s'écrouler à tout moment et personne ne l'aiderait.

- " Et puis merde ! Vous faîtes ce que vous voulez, moi, je m'abrite ! C'est ridicule de traquer un animal durant une putain de tempête ! " pesta t-il en agitant son bras dans le vide.

Sans un mot ni un regard de plus, sans vérifier si on l'avait entendu ou si on le suivait, il s'éloigna en furie vers la bouche sombre de la grotte ruisselante de pluie cristalline.
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