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[Flashback] Alive and breathing Ҩ Alec et Nokomis

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Nokomiscitizen
Messages : 54
Date d'inscription : 07/07/2018
Profil Académie Waverly
Mer 11 Juil - 5:43


► il y a 782 jours, dans la forêt
Alive and breathing
alec & nokomis
Le jour se levait à peine. Le moment idéal pour partir en Recherche. Sur Nil, plus les heures de la journée avançaient, plus l’humidité devenait pesante pour ceux qui y survivaient. Non, je ne dirai pas ceux qui l’habitent ou ceux qui y vivent, parce qu’on n’y est pas par choix. C’est elle qui nous y a aspirés de force, et on n’est pas les bienvenus ici. Tellement de jours étaient passés depuis mon arrivée sur l’île, et pourtant, cette peur qui s’était installée au creux de mon ventre dès que j’y ai ouvert l’œil ne s’est jamais complètement évanouie. Même dans la cité – cet amas déplorable de huttes autour d’un minable feu de camp – ne m’apportait pas la tranquillité qu’elle permettait à certains. C’est que malgré le fait que notre campement soit l’unique endroit dont Nil ne semblait pas vouloir – ou pouvoir – s’approcher, l’entité était si imprévisible qu’on ne pouvait affirmer qu’elle ne le ferait jamais. Dans la hutte où je créchais avec plusieurs autres survivants, je me demandais souvent si ce village était sa façon d’instaurer un faux sentiment de sécurité dans nos cœurs pour mieux nous dévorer par la suite. Des dizaines d’entre nous tentaient de la comprendre, mais notre geôlière demeurait tout aussi mystérieuse qu’au premier jour. Que savait-on vraiment d’elle, outre nos suppositions ? Rien. Cette île, c’était la sienne. Et ça ne servait à rien de prier tous les dieux du ciel; ils ne nous entendaient pas ici.

Si plusieurs d’entre nous demeuraient optimistes quant à la possibilité de sortir d’ici vivant, et de rentrer chez eux, ça n’était pas mon cas. C’est en effet à midi qu’apparaissent les portes d’air frais par lesquelles plusieurs d’entre nous sont passés pour ne plus jamais revenir. Tout le monde prétend qu’elles peuvent nous ramener chez nous, qu’elles sont l’unique espoir d’échapper à la cruauté de Nil. Mais qui sait réellement où elles nous emmènent ? Une fois cette seconde porte passée, personne n’est jamais revenu pour témoigner…

L’astre solaire commençait à poindre entre les vagues et perçait à travers la porte de la hutte. Avant d’en sortir, je me penchai quelques instants sur le bandage rudimentaire que j’avais enserré autour de la cheville de mon partenaire de Recherche habituel. « C’est qu’une foulure, tu vas t’en remettre, » lui assurai-je, le gratifiant d’une petite tape amicale sur l’épaule. Ici, les accidents étaient fréquents. On ne savait jamais s’ils étaient causés par Nil ou simplement par notre propre maladresse.

Une chose était certaine, c’est que j’allais regretter sa compagnie. Comme moi, Kyle était silencieux et concentré. Il ne posait pas trop de questions, et c’était bien comme ça. Pour le remplacer, Leonard avait demandé à un protecteur de m’accompagner dans les bois pour dénicher de la nourriture.

J’avais donc hérité d’Alec comme camarade de cueillette. Avec sa bonne humeur perpétuelle et son optimisme à toute épreuve, Faster me tombait sur les nerfs. Il était de ceux qui se berçaient encore d’illusions quant à la possibilité de se sortir de ce fatras vivant, de ceux qui tentaient toujours d’alléger l’atmosphère. Mais surtout, il était hyperactif alors que j’avais tendance à observer un calme et une discrétion à toute épreuve. Kyle et moi, on s’était mis d’accord pour communiquer de muettement dans la mesure du possible. Si Nil nous repérait par le bruit que l’on produisait, demeurer discrets augmentait nos chances de survie. Jusqu’à ce moment-là, nous avions été plutôt chanceux.

Pieds nus sur le sol meuble, j’allai entre les huttes pour retrouver mon partenaire près du feu de camp. « Prêt ? » lui demandai-je, l’ombre d’un sourire effleurant mes lèvres. « Je connais un coin qui regorge de petits fruits qu’on pourra ramener. Voulais-tu qu’on tente de trouver autre chose ? » Sans attendre son aval, je commençais déjà à me diriger vers le nord pour m’enfoncer dans les profondeurs claires de la forêt.
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anyway, we ain't getting out alive...

(c) ROGERS.